Le rapt, c’est  l’enlèvement d’une jeune fille ou d’une veuve dans le but de l’épouser sans l’autorisation de ses parents ou de quiconque ayant sur elle le pouvoir de la marier ou de la remarier. Même lorsque la femme ou la fille concernée est d’accord, il s’agit toujours d’un enlèvement car l’avis de cette dernière aura été influencé. C’est une grave atteinte aux droits de l’homme en général et aux droits de la femme en particulier condamnable par la loi  et les accords internationaux. #RaptDesFilles

Au Burkina Faso, le rapt est une pratique très courante dans la région de l’Est où il est considéré comme une certaine forme de mariage. Selon la Direction Régionale de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale de l’Est (DRASSN-E)  il s’est produit en 2010, 115 rapts et 191 mariages forcés dans la région de l’Est. Entre 2011 et 2012, il y a été relevé  51 enlèvements de filles dont cinq élèves. Le rapt d’adolescentes est ainsi la deuxième cause de plaintes déposées auprès des tribunaux de la localité. Il se fait clandestinement, et la plupart des victimes préfèrent garder le silence. #RaptDesFilles

 

 

Dans la région de l’Est du Burkina Faso, une fille (14-25 ans) sur dix a déjà subi un enlèvement en vue du mariage. La Province de la Gnagna est la plus touchée par le rapt : deux femmes sur dix ont été victimes du rapt, et la même proportion d’hommes reconnait avoir enlevé une fille pour l’épouser; cette province est suivie par celle de la Komondjoari (11% de rapts subis et 12% de rapts commis) et la Kompienga (10% de rapts subis et commis). Le taux est plus bas dans la Tapoa et le Gourma (2% et 3% respectivement). 

 

 

Le rapt est un phénomène rural. Sur 100 femmes ayant subi le rapt 98 vivent en milieu rural et seulement 2 proviennent des zones urbaines ; cette situation est surtout due au fait que c’est dans les zones rurales que subsistent le phénomène de mariages arrangés. Trois raisons principales sont souvent avancées pour justifier l’enlèvement des filles et des femmes. Ce sont le désir de prévenir les refus des parents, le respect des coutumes et traditions et le souci de perdre sa fiancée #RaptDesFilles

 

 

Quatre ravisseurs sur dix affirment avoir enlevé leur femme pour contourner le refus du mariage par les parents de celle-ci. La même proportion d’hommes et de femmes pensent que les coutumes de leurs communautés imposent la pratique du rapt. Enfin, trois ravisseurs sur dix enlèvent leur fiancée pour ne pas la perdre, surtout lorsque la dot fixée par les parents de la jeune fille est trop élevée ou s’il existe d’autres prétendants plus nantis. #RaptDesFilles

 

 

Le rapt des filles entraîne de nombreuses et terribles conséquences.Il empêche les jeunes filles et adolescentes de poursuivre ou d’achever leurs études bafouant ainsi leur droit à l’éducation.  Après leur enlèvement les victimes sont très souvent confrontées aux grossesses précoces et non désirées, aux fistules obstétricales, aux violences physiques et psychologiques, etc. La plus dramatique de ces conséquences est le suicide de la victime relevé dans certains cas. Le rapt n’est pas sans conséquence pour les ravisseurs. Ces derniers doivent souvent faire face aux poursuites judiciaires (4 cas sur 10). Par ailleurs le rapt est souvent source de conflits entre les familles et constitue ainsi une menace pour la paix sociale de la région. 

 

 

Le phénomène du rapt est une forme de pratique de mariage forcé qui constitue une grave violation des droits de l’homme et spécifiquement des droits des enfants et de la femme. Il viole notamment les principes de la non-discrimination, de la responsabilité et la prise en compte de l’intérêt supérieur des filles.  Le rapt est une atteinte aux droits à l’éducation de la femme. Il entrave l’épanouissement de la personnalité de la fille, le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques dans toute la mesure de leurs potentialités. Il entrave également son droit à l’intégrité et à l’autonomie corporelle ainsi qu’à sa liberté de vivre à l’abri du sexisme et des violences. 

 

 

Le protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs à la Femme  en son article 6 invite les Etats à veiller à ce que l’homme et la femme jouissent de droits égaux et soient considérés comme des partenaires égaux dans le mariage.  Cette convention invite les Etats à adopter les mesures législatives appropriées pour garantir qu’aucun mariage ne soit conclu sans le plein et libre consentement des deux partenaires et que l’âge minimum de mariage pour la fille soit de 18 ans. 

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Une réponse "

  1. Siaka TRAORE dit :

    Le rapt est basé sur une logique où les intérêts individuels priment sur le respect des droits des filles

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